/// Aina Alegre ///



Dans son enfance catalane, Aina Alegre a été marquée par le spectacle des castells, ces impressionnantes tours humaines, échafaudées sur plusieurs étages d’épaules, qui manifestent sur un mode festif la force solidaire du groupe et dressent le sens de la communauté. La danse contemporaine semble bien éloignée de ces jeux rituels, mais n’est-elle pas là aussi, comme l’écrivit un jour Hervé Guibert, pour “racheter la mort des gestes” ? Explorant les univers de fête et de célébration, Aina Alegre y puise la matière chorégraphique d’une polyphonie de corps qui puisse transformer le plateau en un “foyer éphémère”, dont un rythme commun serait le combustible. Mais un autre foyer vient nourrir le brasier du Jour de la bête : celui des cabarets de l’entre-deux guerres, où des artistes entraient en transgression face au durcissement politique et social de leur époque. Des castells aux cabarets : deux façons secrètement reliées de célébrer “la nécessité vitale de la fête”.


Aina Alegre

Née à Barcelone, Aina Alegre a suivi sa formation en 2007 au Centre National de Danse Contemporaine d’Angers. Depuis 2009, tout en étant interprète auprès de plusieurs chorégraphes et metteurs en scène, elle développe son propre travail artistique en créant des objets chorégraphiques, vidéo et performances. En 2009 elle co-signe le duo Speed puis en 2011 la performance La Maja desnuda dice. Cette proposition aboutit à la création de la pièce No se trata de un desnudo mitologico en 2012. En 2015, elle crée la pièce Délices. Elle fonde en 2014 l’association Studio fictif afin de pouvoir développer ses propres projets ainsi que des collaborations avec d’autres artistes, en permettant la création et la diffusion de différentes formes artistiques, tantôt des objets chorégraphiques, des objets plastiques, des objets cinématographiques et des projets pédagogiques.