/// Alexandre Roccoli ///



Chorégraphie des gestes artisanaux résistants à l’oubli, Weaver quintet perpétue la mémoire des tisserands à travers la “reprise” de leur récit culturel, au double sens de ce que l’on reprend et de ce que l’on répare. Alexandre Roccoli croise ici les histoires de paysannes victimes de tarentulisme, une pathologie supposément due à la piqûre d’une araignée tisseuse, et d’ouvrières atteintes de la maladie d’Alzheimer, deux formes de mémoire blessée, dont la confrontation crée l’effet d’un redoublement réparateur. Weaver quintet est dansé par trois interprètes, accompagnées par une compositrice et une créatrice lumière.

La composition musicale est jouée en live à partir de matériaux sonores puisés dans la lutherie du métier à tisser (son cordage et sa boiserie), au cœur d’une musique mixte, à la fois instrumentale et électro-acoustique. Au rythme de cette pulsation techno, les répétitions du geste technique, de la pathologie et de la chorégraphie se confondent, ouvrant ainsi la voie à une possible remédiation par la danse.


Alexandre Roccoli

Titulaire d’une Maîtrise en Esthétique de la Création (département Danse de l’université Paris VIII) et d’une licence en Information et communication (option politiques culturelles à Lyon II), Alexandre Roccoli se forme ensuite auprès de Mathilde Monnier au Centre Chorégraphique National de Montpellier. De 1999 à 2003, il fait partie de l’équipe du Théâtre du Soleil sous la direction d’Ariane Mnouchkine, avant de partir vivre à Berlin, de 2003 à 2007. Là, il collabore avec de nombreux artistes de la scène chorégraphique contemporaine, intervient comme chorégraphe pour le club Berghain, et signe des Dance-sections pour l’opéra After Hours créé par Marcello Buscaino et Heidi Moddle. Sa compagnie, A short term effect, développe des projets pluridiscplinaires, qui maillent des langages sonores, visuels ou chorégraphiques. Passionné par les croisements des champs de l’art chorégraphique et de la mode, il collabore fréquemment avec des artistes venus de la scène électronique ou techno. Depuis 2008, il mène en outre, en lien avec des milieux hospitaliers, une étude sur des principes de dérivations avec des enfants autistes et des personnes atteintes par la maladie d’Alzheimer.