/// Gaëlle Bourges ///



Dans les spectacles de Gaëlle Bourges, l’image est le plus souvent nourrie de récits savants, fantaisistes ou fictifs. Ces véritables tableaux vivants forment ce qu’elle appelle “une petite histoire de l’œil”, dont l’histoire de l’art et une fascination pour un certain imaginaire érotique constituent les clés de voûte.

A mon seul désir, en 2014, explorait l’époque médiévale en fabulant autour des tapisseries de La Dame à la licorne. Lascaux, présenté l’an passé au festival C’est comme ça !, transformait un espace caverneux en cabaret contemporain d’un bestiaire fantastique, suscitant des visions entre humanité et animalité. C’est une imagerie sensiblement différente que déploie Conjurer la peur, création pour neuf danseurs.euses inspirée par une fresque italienne du XIVe siècle, allégorie du Bon et du Mauvais Gouvernement peinte au sein du palais communal de Sienne. Une ronde serpentine y chemine entre la cour des vices, en proie aux flammes guerrières de la haine sociale, et une sorte de cité radieuse, où règnerait l’art de bien vivre ensemble. À partir de ce qui a pu être, selon l’historien Patrick Boucheron, représentation d’un rituel politique, Gaëlle Bourges tisse son propre fil d’Ariane.


Gaëlle Bourges

Des études de lettres modernes, une expérience de deux ans et demi dans un théâtre érotique, une voix de chanteuse mise au service de plusieurs formations musicales… Le parcours de Gaëlle Bourges est éclectique, mais ses premières pièces entre 2000 et 2005 pour le Groupe Raoul Batz (devenu depuis l’association Os) fixent un cap : il s’agit d’œuvrer à la “dissection du regard”. Après une série de performances qui interrogent le corollaire entre l’invention de la perspective, l’anatomie, la naissance de la scène à l’italienne, les automates, et le cogito de Descartes, Gaëlle Bourges signe le triptyque Vider Vénus (constitué des pièces Je baise les yeux, La Belle indifférence et Le Verrou), qui fonde une démarche délicieusement iconoclaste, dont la diffusion va de lieux alternatifs au festival d’Avignon, en passant par le réseau des Scènes nationales et les Rencontres Chorégraphiques Internationales de Seine-Saint-Denis.


www.gaellebourges.com