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Des nouvelles de L’échangeur - CDCN

Le 13 mars, l’équipe de L’échangeur s’apprêtait à célébrer le lancement du festival Kidanse.
Depuis, il a fallu traverser cette période inédite, réorganiser toute une saison, faire avec les aléas et les incertitudes,
tenter de soutenir au mieux les équipes artistiques. À l’horizon se profile entre autres une réouverture des studios
pour accueillir à nouveau des artistes, la tenue du festival C’est comme ça ! en décembre 2020,
alors que L’échangeur se transformera en quartier général de la Saison Africa 2020.

Éléments d’explication avec Christophe Marquis et Frédérique Latu.


Au moment où le confinement a été annoncé, le festival Kidanse démarrait tout juste, comment avez-vous abordé la nouvelle ?

Christophe Marquis / Frédérique Latu. : Kidanse est un des festivals les plus importants en termes de dimension pour ce qui est de la danse proposée à l’enfance et à la jeunesse. Il va à la rencontre de publics dans les cinq départements des Hauts-de-France, 140 représentations étaient prévues. Lorsqu’on est parti·e·s en télétravail, la première réaction a été d’appeler les partenaires et les compagnies. La particularité du festival Kidanse est qu’il se construit avec plus d’une trentaine de partenaires qui ont chacun·e un fonctionnement très différent. On a donc fait de la dentelle pour trouver les meilleures solutions possibles pour chacun·e. Le travail a été long et minutieux, au cas par cas. Il y a eu plusieurs cas de figure. Quand les compagnies ont choisi d’annuler, on les a indemnisées, sans hésitation. Ensuite, une centaine de représentations sur les 140 ont été reportées à une date ultérieure. Ce qui a été vraiment réconfortant dans cette terrible période c’est la solidarité qui a émergé, chaque partenaire a joué le jeu pour trouver des solutions.


Vous êtes passé·e·s en télétravail tout en composant avec des paramètres et des directives très changeantes,
comment avez-vous vécu cela en tant qu’équipe ?

C.M. / F.L. : Nous avons fait le choix de ne pas mettre l’équipe permanente en chômage partiel. Nous sommes une structure fragile, comme à peu près tous les CDCN (Centre de Développement Chorégraphique National), car c’est le label national le plus récent et le moins doté. Mais nous sommes subventionnés, le Président de Région des Hauts-de-France a tout de suite annoncé qu’il serait aux côtés des acteurs culturels, le Ministère de la culture, le Département, l’Agglo et la Ville également, donc il n’y a jamais eu aucun doute sur notre équilibre de fonctionnement. Prendre cette décision de maintenir l’équipe au travail était aussi une façon d’être en proximité, d’être présent·e·s en tant que structure auprès des salarié·e·s.


Comment abordez-vous la nouvelle saison qui va débuter en septembre, en dialogue avec les artistes et avec toutes les incertitudes toujours présentes ?

C.M. / F.L. : Notre activité recommencera dès septembre, avec les dates reportées de Kidanse, et des rendez-vous réguliers jusqu’à décembre. Par ailleurs nous avons décidé rapidement au moment du confinement de reporter le festival C’est comme ça ! (prévu en septembre – octobre), le plus tard possible : il aura lieu en décembre 2020. Le festival est cette année “quartier général” d’Africa 2020. Il sera entièrement dédié aux artistes africain·e·s de la diaspora et du continent. La question de la mobilité et de l’accueil est donc très présente. Après une longue attente, les dates de la Saison Africa 2020 ont été confirmées : elle commencera en décembre 2020, et C’est comme ça ! sera donc parmi les premiers évènements de cette formidable saison, nous en sommes très heureux·ses.


Quels sont les enjeux de cette manifestation à vos yeux ?

C.M. / F.L. : Cette invitation faite à des artistes étranger·ére·s, qui plus est du continent africain, c’est une responsabilité artistique et politique. On ne peut pas être dans une tentative de partage d’une vision du monde uniquement avec des artistes français·es. Quand on parle de diversité, de patriarcat, de féminisme, le Sud a beaucoup à nous apporter, pour nous déplacer et aborder des problématiques qui nous sont proches, être capables de penser ce que l’on est en train de vivre. Ce n’est pas nous qui accueillons ces artistes parce qu’ils·elles ont besoin de nous, on les invite parce que leurs présences à nos côtés nous aident collectivement à penser le monde.


Est-ce que vous pensez qu’Africa 2020 aura une résonance particulière dans ce monde post COVID 19 ?

C.M. / F.L. : On entend beaucoup parler de « circuit court » en ce moment. Autant c’est important lorsque l’on décide d’acheter nos livres pour le centre de ressource à la Librairie les Fables à Château Thierry et pas chez Amazon par exemple, autant la notion de circuit court chez les artistes nous paraît effrayante. Nous n’avons pas attendu qu’il y ait le COVID19 pour travailler avec les artistes de la région. Il ne faudrait pas que tout d’un coup on se dise que l’on va laisser les artistes étranger·ére·s chez eux·elles et que nous allons rester chez nous, cette vision nous effraie. Africa 2020 tombe en cela à point nommé, pour que l’on ait l’occasion d’entendre ces artistes qui ont beaucoup à nous dire. Nous sommes dans une dynamique d’échanges. Nous serons actif·ve·s à l’endroit de la formation par exemple en accueillant de jeunes danseur·se·s qui sortent des écoles d’Irène Tassembedo au Burkina Faso, de Germaine Acogny au Sénégal, de Faustin Linyekula en République Démocratique du Congo.


Les artistes vous parlent de nouveaux formats et façons de faire en ce moment ?

C.M. / F.L. : La question du lien avec les populations est intrinsèquement liée à nos activités depuis toujours et réinventer c’est ce que les artistes font tout le temps ! Pour citer quelques exemples, Bérénice Legrand a organisé avec nous un Petit bal dans un café pour une dizaine de personnes, Pascale Houbin a dansé son solo dans un hôpital, Mickaël Phelippeau a présenté son spectacle à la prison de Château-Thierry. Si la question du retour en salle et au spectacle est importante nous sommes convaincu·e·s que le rapport à l’art et aux artistes ne se passe pas que dans la salle de spectacle. Il faut mener ces réflexions avec notre équipe et les équipes artistiques, pour ne pas tomber ni dans l’animation ni dans la peur du vide et être dans une surabondance de propositions. Mais la transformation pour nous n’est pas dans un constat où l’on en aurait trop fait et où il faudrait faire moins, surtout en danse qui est la discipline la moins aidée, la moins dotée et la moins présentée. Il y a plutôt la nécessité absolue de retrouver ce que l’on faisait, voire d’en faire un peu plus. Nous sommes en milieu rural il n’y a aucune raison pour que l’art et la culture ne soient pas encore plus présents dans une école, un collège, un hôpital.

Propos recueillis par Marie Pons




L'ÉCHANGEUR QUARTIER GÉNÉRAL Saison Africa 2020 POUR LES HAUTS-DE-FRANCE

La marraine du prochain festival « C’est comme ça ! / Africa 2020 », Irène Tassembedo,
chorégraphe et directrice de l'école de danse EDIT (Ecole de danse Irène Tassembédo) à Ouagadougou - Burkina Faso,
a passé commande d’une danse à ses élèves pendant le confinement : une chorégraphie à écrire et à filmer chez soi ;
une chanson imposée "Effets secondaires" - Auteur : Grand Corps Malade - Compositeur: Mosimann ; un costume noir et/ou blanc.






Reprise partielle des activités de L'échangeur :
réouverture des studios
- mai / juin -


- Lou Cantor pour : Les danses du crépuscule
Résidence du 18 au 28 mai

- Nathalie Collantes, Julie Salgues pour : J'arrive
Résidence du 2 au 5 juin

- Magda Kachouche pour : Macchabée
Résidence du 8 au 12 juin

- Nosfell pour : Cristaux
Résidence du 15 au 19 juin







Les éditions de L'échangeur
un nouveau livre en préparation


JE SUIS ALICE DAVAZOGLOU
JE SUIS TRISOMIQUE NORMALE MAIS ORDINAIRE

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Le livre d'Alice Davazoglou


Alice Davazoglou est une jeune femme de 35 ans. Elle fait de la danse contemporaine depuis plus de 20 ans.
Elle est membre fondatrice et vice-présidente d’une association : ART21.

ART21 propose des ateliers danse pour des personnes porteuses de handicap intellectuel et des personnes dites valides.
Alice est porteuse de trisomie 21.

Alice aime aussi dessiner et peindre.
Elle passe beaucoup de temps avec ses pinceaux et ses crayons.


A un moment, j’ai eu envie que les gens nous connaissent mieux, nous, les personnes avec handicap intellectuel.
Je me suis rendue compte que des gens ne supportent pas notre différence et parfois se moquent.
J’ai eu envie qu’ils apprennent et comprennent qui nous sommes, que nous avons des talents
même si nous avons besoin d’aide pour certaines choses.

(...)

Comme je dessine et que j’aime faire des portraits, j’ai eu d’abord l’idée de faire deux livres avec des textes et des portraits :
- Un livre sur mon parcours et sur ce que je fais et pense aujourd’hui.
- Un autre sur les amis et amies avec handicap intellectuel avec lesquels je danse dans les ateliers.

Et en fait, j’ai réuni ces deux livres en un.

J’en ai parlé autour de moi et je me suis mise au travail.





Le livre d'Alice est en cours de réalisation. La parution est prévue pour septembre 2020.

Pour aider à la publication du livre d’Alice, dès à présent, vous pouvez le pré-commander.

Le livre d’Alice a obtenu le soutien financier de L’échangeur-CDCN
et de l’association bi-p, direction artistique Mickaël Phelippeau.